Mon regard est voilé par mon reflet, seule référence plausible dans un fouillis d'incertitudes : j'aime me haïr, je me complais bien volontiers dans ce cycle de haine/amour infini. Jamais le manège ne cesse, descendre pour se remettre en route serait une perte de temps. Je pourrais vous raconter mon histoire pendant mille et une nuits sans jamais parvenir à obtenir la juste dose de compassion que je cherche dans vos regards. Personne ne peut comprendre ce qu'il n'a pas vécu, ne me parlez pas d'empathie, c'est un truc de hippie juste bon pour les travailleurs sociaux. Mais je préfère me plaindre de votre incompréhension plutôt que de me trouver une autre définition, celle d'ancien martyr me convient parfaitement. J'exhibe mes stigmates aux yeux de tous ceux qui me regardent assez longtemps pour m'en offrir l'opportunité, je cherche ceux qui porteront ma croix et me rinceront les pieds.
Aujourd'hui je hais ce que je suis et j'idolâtre ce que je pourrais être. Je m'approche dangereusement de la limite entre haine et adoration, je suis à deux doigts d'ériger un autel à ma gloire, d'écrire mon évangile et de me chanter des louanges. Élevée par l'être le plus ego-centré que la Terre ait vu naître, j'ai été façonnée à partir de ses restes, son enseignement causera ma perte. J'aimerais écraser tout ce qui me reste de lui, ne garder que l'essentiel. Je méprise ceux qui ne vivent pas par son enseignement tout en faisant mon possible pour y échapper. Il a dit qu'il fallait aller par là, tous ceux qui vont ailleurs sont donc des imbéciles. Quant à moi, je vous ferai croire jusqu'au dernier moment que je m'en tiens à ces convictions qui sont loin d'être les miennes, pour dériver à l'abri de vos regards. Conditionnée comme un gentil petit chiot, bien qu'il leur voue une haine sans limites, on en revient toujours à ma fâcheuse habitude de chercher fierté et gratitude dans le regard de mes maîtres. Je ne suis un mâle alpha qu'à travers mes mots.
Je pourrais vous écraser sous mes justifications, il arrive un moment où plus rien ne peut changer les choses. C'est pour ça que je ne cours plus après personne, j'ai bien compris que lorsqu'on me claquait une porte au nez, le message était suffisamment clair pour ne pas me mettre à ramper pour réclamer plus de coups. Je ne ferai plus jamais l'erreur de m'imposer auprès de ceux qui ne supportent plus la vue de mon visage ou le son de ma voix - je suis bien placée pour comprendre qu'il peut être difficile d'en supporter d'avantage. Je ne suis pas seule sous ce toit, mon ego m'étouffe dès qu'on l'arrose un peu trop, je me réjouis vite et fort pour ce qui paraît bien pâle aux yeux des autres, et bis repetita, ad vitam aeternam. Je ne passerai pas par le mea culpa, parce que ça ne voudrait plus rien dire. Plus rien n'a assez d'impact pour exprimer quoique ce soit, les mots sont devenus dérisoires.
lundi 16 novembre 2009
mercredi 4 novembre 2009
Craven A.
Ta silhouette dans les étoiles. T’es pas un lion, t’es pas un roi, mais je m’autorise cette régression. Reculer pour mieux sauter. Ma madeleine, c’est l’odeur du tabac froid. Un paquet souple ou un chat noir. Tu sais mieux que personne l’effet que ça fait, dire adieu avant la fin, enterrer les vivants. Nous ne faisons que renaître, mourir et renaître, je sais pas faire autrement. Pas de demi-mesure. On fait les choses en grand, prestidigitateurs ascendant dramaturges. Nés sous une étoile éteinte. Lucioles ou vers luisants – tout n’est qu’illusion. Nous ne sommes que des feu follets mal expliqués. Têtes d’allumettes, on brûle vite et fort – jetables.
dimanche 1 novembre 2009
Scam.
Je sais franchement pas quoi dire. J'ai essayé. J'ai des conditions. Je suis superstitieux. C'est quoi ton problème ? Il est passé où ton speech sur le respect des croyances des autres ? C'est bien joli de parader avec tes boucles de gitane, mais si c'est un masque que tu vires une fois rentrée à la maison, ça veut pas dire grand chose. Ca va à l'encontre de tout ce que tu essayes de me rentrer dans le crâne depuis le premier jour. Non, je peux pas faire ça n'importe où, n'importe quand, oui je recule sans cesse la date, et alors ? Si je dois échouer, tant pis, ce sera MON échec. Pas le tiens. Je suis pas un de tes chiots perdus, j'ai pas demandé ton aide, j'ai pas signé pour ça. J’ai été con, j’ai été charmé par un cliché. La nana aux cheveux longs qui fait gling-gling quand elle bouge. Tous ces accessoires accrochés à ta peau, à tes bras, c’est un véritable orchestre. Tes fringues puent l’encens et ça m’excite. Mais je suis pas ton cobaye, tu m’as pas recueilli tremblant sous la pluie, c’est toi qui a balancé ta valise dans mon salon. Faudrait veiller à pas l’oublier. C’est petit, j’en suis réduis à te balancer mes choix à la gueule. Je t’ai pas jetée, pourtant ton look de gitane irait très bien avec le trottoir. Tes boucles volent bien mieux en extérieur, et quand tu restes trop longtemps sous la pluie, tu ressembles à une princesse. Tu es la reine des miséreux, une Esméralda remise au goût du jour, la crasse en moins peut-être. Tu pourrais régner sur la cour des miracles. Ça m’étonne pas que tu bloques pendant des heures devant les biquettes de la ménagerie. C’est écrit sur ton visage.
J’aurais cru que tu comprendrais. Avec ton air de Mademoiselle Irma. Je m’attendais presque à te voir sortir une boule de cristal de ta besace – pas une vieille statuette de Bouddha en plâtre. Y a encore le prix sous son cul. Je suis tombé dans le piège, c’était pourtant moi qui l’avait tendu. Ton âme est en toc, quoique ça puisse bien vouloir dire pour toi. T’as le karma périmé, ton aura est moisie. Bohémienne du bitume, c’est quand la dernière fois que t’as vu une vache en vrai ?
Retourne-toi, y a ton reflet qui fout l’camp.
J’aurais cru que tu comprendrais. Avec ton air de Mademoiselle Irma. Je m’attendais presque à te voir sortir une boule de cristal de ta besace – pas une vieille statuette de Bouddha en plâtre. Y a encore le prix sous son cul. Je suis tombé dans le piège, c’était pourtant moi qui l’avait tendu. Ton âme est en toc, quoique ça puisse bien vouloir dire pour toi. T’as le karma périmé, ton aura est moisie. Bohémienne du bitume, c’est quand la dernière fois que t’as vu une vache en vrai ?
Retourne-toi, y a ton reflet qui fout l’camp.
samedi 17 octobre 2009
Seed.
Je suis formatée à ne rien être, à marcher sur des oeufs en permanence - mais ma maladresse me met des bâtons dans les roues, et je pave mon chemin d'omelettes. Cette ombre perchée sur mon épaule est fourbe, elle m'a ordonné de penser librement tout en me calquant sur ses propres recherches et conclusions. Je dois être libre d'agir comme bon lui semble. Cette ombre qui s'efface dans le monde réel, s'épaissit entre les murs de ma forteresse qui n'est plus qu'un bout de carton peint à la va-vite. Marquée au fer rouge par les mots du père fondateur. En face se trouvent la légèreté, l'optimisme et l'empathie, qui n'ont fait qu'aggraver les choses. Je suis coincée entre l'ombre et la lumière, noir et blanc, je devrais être une nuance quelque part entre les deux mais je ne trouve pas le bon ton. J'essaye régulièrement d'arrêter les machines, de me laisser respirer, mais le pilote automatique est coriace et n'aime pas les insouciants. Ça fait plus de vingt ans que je fais mes premiers pas, je suis sur un circuit parsemé de cases départ, et je sabre le champagne à chaque coup qui précède la chute. Quelque part au milieu des nœuds, j'ai réussi à trouver un rythme de croisière, une ligne de conduite - mais si la route est dégagée, mon véhicule lui, continue à faire des siennes. Opération piéton, on réduit la vitesse, on arrête de se prendre pour un pilote de formule un, et on reprend sa route.
En attendant, je tourne autour du pot, je louche sur un téléphone que je souhaiterai voir disparaître ou sonner. Je m'endors en priant pour ta mort, j'aurais préféré ne jamais savoir que tu te traînais chez toi comme un loup malade, filtrant les appels, bien conscient du mal que tu fais. La confrontation viendra, elle revient toujours, et entre deux leçons tu me rediras à quel point je te déçois. Je le vois dans tes yeux, ce mélange de fierté et de répulsion, d'amour et de dégout, je suis loin de correspondre à l'idéal que tu as façonné quelque part dans cette ville inondée. Je suis ton unique, ta création, ton plus beau cadeau, ta malédiction. J'étais ton rêve, souviens-toi. A cause de toi, quand ma ligne de pensée ne suit pas celle que tu m'as enseignée, j'efface tout et j'ignore la question. J'aimerais détester les mêmes choses que toi, partager tes passions, comprendre ce qui semble intéresser le monde entier - mais je reste étanche. Je suis sans opinion, d'accord avec tout le monde, avec personne, d'accord pour tout, pour rien - toujours, jamais. Sans cesse en train d'essayer de me donner une définition, de créer des versions test, des bêtas et des mises à jour. En attendant que quelqu'un m'arrête pour me dire ce qui ne va pas, que les clients donnent leur avis sur la nouvelle version. Et selon leurs recommandations, je reprends mes outils et je bidouille à nouveau quelque chose qui pourrait plaire à la majorité. Tout en étant bien consciente que c'est à toi que je destine chaque changement.
En attendant, je tourne autour du pot, je louche sur un téléphone que je souhaiterai voir disparaître ou sonner. Je m'endors en priant pour ta mort, j'aurais préféré ne jamais savoir que tu te traînais chez toi comme un loup malade, filtrant les appels, bien conscient du mal que tu fais. La confrontation viendra, elle revient toujours, et entre deux leçons tu me rediras à quel point je te déçois. Je le vois dans tes yeux, ce mélange de fierté et de répulsion, d'amour et de dégout, je suis loin de correspondre à l'idéal que tu as façonné quelque part dans cette ville inondée. Je suis ton unique, ta création, ton plus beau cadeau, ta malédiction. J'étais ton rêve, souviens-toi. A cause de toi, quand ma ligne de pensée ne suit pas celle que tu m'as enseignée, j'efface tout et j'ignore la question. J'aimerais détester les mêmes choses que toi, partager tes passions, comprendre ce qui semble intéresser le monde entier - mais je reste étanche. Je suis sans opinion, d'accord avec tout le monde, avec personne, d'accord pour tout, pour rien - toujours, jamais. Sans cesse en train d'essayer de me donner une définition, de créer des versions test, des bêtas et des mises à jour. En attendant que quelqu'un m'arrête pour me dire ce qui ne va pas, que les clients donnent leur avis sur la nouvelle version. Et selon leurs recommandations, je reprends mes outils et je bidouille à nouveau quelque chose qui pourrait plaire à la majorité. Tout en étant bien consciente que c'est à toi que je destine chaque changement.
samedi 10 octobre 2009
Family Portrait
J’entends encore la chouette hurler dans le grenier - la chouette, c’est comme ça qu’on appelait ma grand-mère. On avait fini par l’attacher à son fauteuil à bascules, mais ça m’empêchait de dormir. Le fauteuil frappait contre les lattes du parquet et malgré la chaussette enfoncée dans sa bouche, les cris filtraient quand même. Bénit soit l’inventeur des boules Quies. C’était comme un animal de compagnie un peu chiant, fallait monter la nourrir, nettoyer derrière elle (ça, c’était la tâche de mon frère, on avait tiré au sort), lui mettre un coup sur le museau pour la faire taire. Un animal de compagnie, mais sans les bons côtés. Impossible de jouer avec elle, et puis elle était trop vieille pour courir après une balle. De toute façon elle ne nous aimait pas, elle n’aurait jamais accepté. Un animal de compagnie qui nous supplie de la faire piquer, c’est pas courant non plus. Mais puisqu’elle ne faisait aucun effort, c’était devenu notre jeu préféré, venir l’asticoter quand on s’ennuyait, lui mettre quelques coups pour la faire pleurer, faire exprès de viser à côté quand on la nourrissait. Elle avait fini là-haut après une crise de trop à un dîner de famille, sa présence en tant qu’être libre ne nous apportait que des ennuis. Elle se faisait dessus en public, insultait les filles en jupe dans la rue, les amoureux un peu trop démonstratifs, jetait des seaux d’eau sur les enfants qui jouaient dehors - une vraie plaie. Histoire d’avoir la paix au moins quelques heures, on l’avait installée dans le grenier, et finalement on a pris goût au calme. Au fil des semaines, on a également pris goût aux petites vengeances quotidiennes qu’on s’autorisait. Si on avait un peu honte, on se confiait aux autres, qui avouaient à leur tour avoir un peu dépassé les bornes. Du coup on a vite cessé d’avoir honte, on en est arrivés à se vanter à chaque fois qu’on allait un peu plus loin.
Et puis un soir, elle a fait plus de bruit de d’habitude. J’avais paumé mes boules Quies, j’étais de mauvaise humeur, enfin c’était vraiment pas le moment de me faire chier. Je suis montée lui mettre un coup pour qu’elle se taise, mais j’y suis allée un peu fort. Sa tête est restée coincée sur la droite, à l’horizontale. Ca m’a fait tellement rire que j’ai réveillé les autres, qui se sont écroulés à leur tour en la voyant. Et je sais plus lequel d’entre nous à tilté le premier, mais on s’est tous arrêtés de rire quand on s’est rendu compte qu’on venait de perdre notre jouet. La seule chose qui nous maintenait ensemble et de bonne humeur, qui calmait nos ardeurs et canalisait notre énergie. Sans elle, on était tous bons pour l’asile. D’un coup, ça nous faisait plus rire du tout. On allait finir par s’entretuer, par se faire remarquer en bouffant les enfants des voisins ou je sais pas quelle connerie. C’était grâce à elle si on avait réussi à s’intégrer quelques part sans attirer les soupçons, si on avait réussi à rester aussi longtemps au même endroit. Et aucun d’entre nous n’avait envie de mettre les voiles et de repartir à la quête d’un endroit tranquille.
On l’a enterrée en silence dans le jardin, mon frère a pissé sur le cadavre pour détendre l’ambiance, mais on riait tous jaune. On est restés trois jours comme des cons, à vagabonder dans la maison sans dire grand-chose. On était tous à cran et je savais que la situation allait dégénérer à la première petite contrariété. Un soir, je suis rentrée et ils se sont tous jetés sur moi. Ma première pensée a été qu’il avaient trouvé leur prochain jouet, mais ils étaient tous morts de rire et m’embrassaient tour à tour, j’avais le visage plein de salive. Ils me faisaient la fête. Un de mes frères avait trouvé la solution. Il avait besoin de prendre l’air, alors il était parti à l’aube dans sa fourgonnette, et avec lui il nous avait ramené un petit cadeau.
Quelque part, à 200 kilomètres de là, une famille cherchait désespérément sa pièce manquante, une petite vieille de 83 ans désormais bien installée dans notre grenier. Les fêtes de Noël n’ont jamais été aussi joyeuses.
Et puis un soir, elle a fait plus de bruit de d’habitude. J’avais paumé mes boules Quies, j’étais de mauvaise humeur, enfin c’était vraiment pas le moment de me faire chier. Je suis montée lui mettre un coup pour qu’elle se taise, mais j’y suis allée un peu fort. Sa tête est restée coincée sur la droite, à l’horizontale. Ca m’a fait tellement rire que j’ai réveillé les autres, qui se sont écroulés à leur tour en la voyant. Et je sais plus lequel d’entre nous à tilté le premier, mais on s’est tous arrêtés de rire quand on s’est rendu compte qu’on venait de perdre notre jouet. La seule chose qui nous maintenait ensemble et de bonne humeur, qui calmait nos ardeurs et canalisait notre énergie. Sans elle, on était tous bons pour l’asile. D’un coup, ça nous faisait plus rire du tout. On allait finir par s’entretuer, par se faire remarquer en bouffant les enfants des voisins ou je sais pas quelle connerie. C’était grâce à elle si on avait réussi à s’intégrer quelques part sans attirer les soupçons, si on avait réussi à rester aussi longtemps au même endroit. Et aucun d’entre nous n’avait envie de mettre les voiles et de repartir à la quête d’un endroit tranquille.
On l’a enterrée en silence dans le jardin, mon frère a pissé sur le cadavre pour détendre l’ambiance, mais on riait tous jaune. On est restés trois jours comme des cons, à vagabonder dans la maison sans dire grand-chose. On était tous à cran et je savais que la situation allait dégénérer à la première petite contrariété. Un soir, je suis rentrée et ils se sont tous jetés sur moi. Ma première pensée a été qu’il avaient trouvé leur prochain jouet, mais ils étaient tous morts de rire et m’embrassaient tour à tour, j’avais le visage plein de salive. Ils me faisaient la fête. Un de mes frères avait trouvé la solution. Il avait besoin de prendre l’air, alors il était parti à l’aube dans sa fourgonnette, et avec lui il nous avait ramené un petit cadeau.
Quelque part, à 200 kilomètres de là, une famille cherchait désespérément sa pièce manquante, une petite vieille de 83 ans désormais bien installée dans notre grenier. Les fêtes de Noël n’ont jamais été aussi joyeuses.
Playground.
Si c’était mon monde, j’aurais agis autrement.
Si c’était mon monde, je prendrais chaque passant comme un Playmobil et j’en ferais des maquereaux, des tueurs à gages, des clochards et des putes. Parce que si c’était mon monde, les arrondissements seraient arrangés en fonctions des sept péchés capitaux. Le monde serait une version en Technicolor de la cour des miracles. Évidemment, si c’était mon monde, je n’en ferais pas partie. Je serais marionnettiste, architecte, designer, conseiller conjugal, flic & voleur. L’imaginaire populaire serait transformé, les légendes urbaines feraient la une des journaux clandestins - si c’était mon monde. Les contes de fées ne seraient que des comptines tordues. Les enfants naîtraient sales et méchants. J’aurais plus de choses à raconter, si c’était mon monde. En même temps, je me débrouille très bien sans.
Si c’était mon monde, je prendrais chaque passant comme un Playmobil et j’en ferais des maquereaux, des tueurs à gages, des clochards et des putes. Parce que si c’était mon monde, les arrondissements seraient arrangés en fonctions des sept péchés capitaux. Le monde serait une version en Technicolor de la cour des miracles. Évidemment, si c’était mon monde, je n’en ferais pas partie. Je serais marionnettiste, architecte, designer, conseiller conjugal, flic & voleur. L’imaginaire populaire serait transformé, les légendes urbaines feraient la une des journaux clandestins - si c’était mon monde. Les contes de fées ne seraient que des comptines tordues. Les enfants naîtraient sales et méchants. J’aurais plus de choses à raconter, si c’était mon monde. En même temps, je me débrouille très bien sans.
dimanche 4 octobre 2009
Dawn.
J'ai des perles sous la langue, femme coquillage en moins dégueu - j'ose espérer. Ma peau se lit comme un livre d'or, livre de chair. Je suis un livre ouvert. L'ombre au coin de la rue commence à se demander si elle ne ferait pas mieux de lâcher l'affaire. Les murs vibrent au son d'un medley non identifiable. Une soupe plus digeste que celles des années passées. Nous valons plus, nous valons mieux - nous n'avalons plus de couleuvres. Mon carquois s'allège au fil des mots, mes cibles se font plus vagues. Une fenêtre ouverte sur des restes qui pourrissent me rappelle au réel. Ce sentiment nouveau, c'est l'absence de peur. Ma peau ne pue plus la crainte ni la défaite. Certains jours je suis un peu trop fière, mais je m'autorise ces écarts de conduite tout comme j'accepte qu'on me rabatte mon caquet de temps en temps. Échange de bons procédés.
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